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PORTRAIT: Raymond Joseph, peintre paysagiste-miniaturiste haïtien

Né en 1964, Raymond Joseph vit à Thomassin, petite commune au Nord de Pétionville, réputée pour abriter une communauté d’artistes particulièrement prolifique. Sa scolarité est chaotique mais il parvient finalement à suivre une formation au Centre d’Art de Port-au-Prince et apprend le métier en observant les «maîtres haïtiens» du naïf avant de choisir sa propre voie esthétique. Aujourd’hui , Raymond Joseph revendique sa filiation avec les paysagistes miniaturistes.


Raymond Joseph, Le combat de coq (Huile sur toile, 2010)
Raymond Joseph, Le combat de coq

Rencontré à Port-au-Prince en juin 2010, quelques mois après le terrible séisme qui a dévasté la capitale haïtienne , Raymond Joseph explique les difficultés de la vie de «peintre professionnel»: « C’est difficile ici, il y a beaucoup d’artistes imitateurs qui vendent dans la rue. Moi je mets 2 à 3 semaines pour finir un tableau et ensuite je les apporte à la galerie Nader. Je soigne mes oeuvres au maximum, car c’est la seule voie de la reconnaissance. Si un tableau est vendu, je suis obligé de consacrer l’essentiel de mon bénéfice à l’achat des huiles. Je suis obligé de commander mes couleurs à Miami, où l’on peut trouver les meilleurs produits, sinon je n’arriverais pas à donner une telle lumière et de tels contrastes dans mes paysages !»


Raymond Joseph est considéré comme l’un des peintres haïtiens «paysagistes» les plus doués de sa génération. A l’instar d’Edouard Michelet dont l’oeuvre se rapproche des techniques de l’hyper-réalisme, R.Joseph s’est sensiblement démarqué des naïfs notamment par la qualité de la lumière qu’il donne à ses scènes. Une lumière douce et tendre, rayonnante et enveloppante à la fois. Ces paysages, faits de lignes réelles ou supposées qui convergent toujours vers un point de fuite à l’horizon, sont construits selon un style relativement académique mais qui témoigne du très haut niveau technique de l’artiste. Par ailleurs, à la précision «miniaturiste» du vocabulaire végétal de premier plan, l’artiste parvient à introduire des effets d’éloignement et de perspective atmosphérique par un jeu subtil de tonalité des couleurs.


(Article écrit en 2010 © NJ)

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